Conférence
Rencontre (conférence, lecture, dédicace)
Architecture, ascèse et capitalocène.
Penser un autre mode de production avec Mies van der Rohe.
Par Adrien Durrmeyer
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Tarifs
Gratuit
réservation obligatoire
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À noter
Se présenter à l'entrée à 18h15 (15 minutes avant le début de la conférence)
À la fin de la conférence, visite libre de l'exposition PROMENADOLOGIE#2 des étudiants de l'Esä Dunkerque
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Thème
Convoquer la figure imposante de Ludwig Mies van der Rohe, architecte des Haus Esters et Lange, pour soutenir une critique du mode de production capitaliste contemporain, voilà qui peut sembler paradoxal.
Nul doute, en effet, que l’œuvre bâtie de Mies, dans le milieu de l’architecture et en dehors, symbolise généralement tout l’inverse : une architecture hyperindustrialisée, indifférente aux conséquences environnementales de sa fabrication, et inféodée aux appétits financiers de ses commanditaires.
Or, cette image semble très incomplète, voir même assez largement inexacte.
La conférence s’attachera ainsi à montrer qu’au-delà des apparences, le travail de Mies van der Rohe, des années 20 à la fin des années 60, soutient, au contraire, une thèse puissante : c’est à l’architecture d’organiser et de diriger le système productif, et non l’inverse.
Pour Mies, l’architecture n’est pas une discipline soumise à la production capitaliste ; elle constitue plutôt une des rares disciplines à pouvoir, effectivement, la soumettre.
À travers, notamment, la notion d’ascèse, qui est au cœur de la pratique miesienne, nous essaierons durant cette conférence de réfléchir aux moyens par lesquels le projet d’architecture peut opérer comme critique interne de l’appareil productif contemporain, et ainsi participer à l’édification d’un mode de production soutenable et désirable.
Face au constat implacable de la double destruction écologique et anthropologique de notre monde, il s’agit donc de mobiliser l’architecture de Mies, et plus généralement, le mouvement architectural moderne.
Car c’est précisément parce que la modernité est partie prenante de l’Anthropocène (ou, plus exactement, du capitalocène), que son étude nous permet d’en mieux concevoir les manières de l’habiter ; pour reprendre la célèbre formule de Hölderlin : « là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve ».
Biographie
Adrien Durrmeyer est architecte, maître de conférences à l’École Nationale Supérieure d’Architecture Paris Val de Seine, et docteur en esthétique, histoire et théorie des arts.
Sa thèse, soutenue en 2024 à l’École Normale Supérieure (Ulm), porte sur l’articulation dialectique entre architecture et mode de production, à travers l’étude de l’oeuvre de Ludwig Mies van der Rohe.
Son expérience professionnelle engage la pratique constructive et la participation à divers colloques, conférences et publications, en France et à l’étranger.
Il est, par ailleurs, membre du comité de rédaction d’Après la révolution, journal d’application de la pensée architecturale à d’autres objets que la production de bâti.